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18 novembre 2010

Arthur la confiture



Arthur avait toujours été gourmand. Il avalait tout ce qui passait. Sucré, salé, peu lui importait, quand il voyait quelque chose à manger il ne pouvait pas résister.  On avait d'ailleurs fini par l'appeler "Arthur la confiture".
Ce jour là son petit frère fêtait son premier anniversaire. Maman avait fait un gâteau au chocolat très appétissant. Tout était prêt, la bougie, les cadeaux. Ne manquait plus que le petit frère qui faisait une longue sieste.
Arthur, impatient, s'était déjà mis à table. Il observa le gâteau un moment et finit par le toucher du doigt : il était bien moelleux, juste comme il les aimait.
"Si j'en mange un morceau maintenant, maman sera fâchée et je n'en aurai plus", pensa Arthur. "Si j'attends, j'en aurai un morceau, peut-être deux mais maman dira que c'est assez." Une part ou deux, quoiqu'il en soit ça n'était pas beaucoup.
Arthur réfléchit. Mais pas longtemps. Il décida qu'il valait mieux tout manger, maintenant.
(Illustration Orély)

26 octobre 2010

La capsule



Au début, Lola avait eu le vertige. Il faut dire que la capsule auto-volante construite par son grand-père n'avait pas de porte et que ça n'était pas rassurant. Et puis la petite fille avait fini par se faire à l'altitude. Le ballet tranquille des nuages l'avait bercée et lui avait fait oublier la hauteur.
Elle ouvrit finalement les yeux et vit un oiseau coloré passer devant elle. Elle regretta de ne pas avoir pris d'appareil photo. Sur ses genoux, Crapouille restait bouche ouverte et ne disait rien. Ce qui était plutôt habituel pour un doudou.
Soudain le vent se fit plus fort, et la capsule commença à tanguer. Lola s'agrippa aux coussins et ferma les yeux à nouveau. Le vent continua à souffler et renversa la capsule. Lola et Crapouille se retrouvèrent projetés dans les airs, frôlant les ailes de l'oiseau vert et bleu.
Au moment où ils touchèrent le sol, celui-ci était mou et familier. Lola s'éveilla en soupirant et s'assit sur son lit. Elle détestait rêver parce qu'ensuite ce qu'elle avait vu lui manquait et que sa journée n'était pas drôle.
Crapouille, lui, était tombé par terre mais ne semblait pas s'en plaindre. C'était bien le début d'une journée qui commençait au ras du sol.

(Illustration Orély)