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23 septembre 2010

Mon grand ami Barnabé



Parfois, la nuit, j'entends comme un ronflement. C'est bizarre parce que ça ne vient pas de la maison. On dirait que ça vient de sous la terre. Ça n'est pas un bruit effrayant, en fait, c'est comme un ami qui dormirait à côté de moi dans le noir.
Comme je suis curieux, ce matin j'ai creusé un grand trou dans le jardin. Sous ma pelle j'ai vu un truc rouge et mou, comme du caoutchouc. J'ai creusé plus loin, tout au bout du jardin et j'y ai trouvé la même chose. Ça s'est même mis un tout petit peu à bouger. J'ai chuchoté "dors bien, Barnabé" et j'ai rebouché les trous pour le laisser dormir (et surtout pour que papa ne s'aperçoive de rien). 
Maintenant quand je l'entends ronfler je ferme les yeux et je l'imagine endormi, sous la maison, tout long et tout rouge. Et je m'endors en pensant que je n'avais encore jamais eu d'ami aussi grand.

(Illustration Lionel Larchevêque)

31 août 2010

Icare





Icare était un oiseau au plumage rouge vif.
Il disait à qui voulait l'entendre qu'il était le fils du soleil et passait de longues heures sous ses rayons, attendant qu'un jour, son père lui parle.
"Le soleil me parlera" disait-il, "et vous saurez alors que je dis vrai."
Les autres oiseaux, cachés à l'ombre, pensaient qu'il était fou.
Mais un jour Icare s'envola. Il battit des ailes jusqu'à s'approcher tout près du soleil. 
"Père" cria-t-il, "me reconnais-tu ?"
Le soleil lui fit un clin d'oeil. Tous les oiseaux, en bas, virent ce prodige et regrettèrent immédiatement de l'avoir pris pour un fou.
Mais terrassé par la chaleur, Icare cessa de battre des ailes et tomba. 
On dit que beaucoup, plus tard, un poète donna son nom à un héros.


(Illustration Lionel Larchevêque)